Traductologie et géopolitique

Vendredi 6 mars 2015

Colloque international - Université Toulouse 2 – Jean Jaurès
Depuis l’époque des drogmans, traduction et géopolitique sont indissociables, mais les bouleversements qu’a connus ce début de siècle (guerre contre le terrorisme, guerre d’Irak, printemps arabe, guerres en Libye, en Syrie, en Ukraine et autres conflits aux enjeux internationaux, mais aussi la montée des extrêmes en Europe) ont considérablement affecté et modifié les conditions d’exercice des métiers langagiers en général et de celui des traducteurs en particulier.

Depuis toujours, les langues servent aussi à parler des ennemis et avec les ennemis. On assiste notamment à une politisation accrue des acteurs et à une instrumentalisation des produits de la traduction et de la communication multilingue à des fins politiques ou idéologiques, à la fois sur le terrain réel et virtuel.

Les phénomènes issus de cette rencontre inattendue entre traductologie et (géo)politique sont variés et complexes, mais ils concernent des questions fondamentales telles que celles de la neutralité et de l’indépendance, de l’interculturalité et de l’intercompréhension, des droits de la personne et de la paix. Entre les enjeux éthiques et politiques de la traduction, les langagiers éprouvent de plus en plus de difficultés à gérer des situations souvent inextricables.

Dans ce contexte de conflits médiatisés et mondialisés, plusieurs problématiques méritent une attention particulière de la part des spécialistes en traduction et en communication multilingue.

Tout d’abord, le rôle et la place des traducteurs et des médiateurs langagiers dans cette multitude de conflits et de crises politiques : leurs fonctions, leurs missions, leurs actions, leur sécurité et l’impact sur leur travail de leurs positions politiques et idéologiques.

Ensuite, le type et la nature des productions langagières et des traductions diffusées en temps de crise, de conflits ou de campagnes électorales, en particulier lorsque les enjeux sont internationaux : manipulation de la traduction, d’idées ou d’objets culturels, usages langagiers et rhétoriques, questions de terminologie et d’équivalence, procédés de communication orientée, biais cognitifs impliqués, décontextualisation et resémantisation de notions du passé, transferts idéologisés, etc.

Enfin, les enjeux éthiques, sociétaux et culturels des phénomènes liés à la rencontre entre traductologie et géopolitique, sur le plan de la théorie comme de la pratique : acceptation de la différence, respect de l’altérité, contribution au dialogue des cultures et à la paix dans le monde.

C’est pour tenter de répondre à ces questions essentielles de notre temps que le colloque de Toulouse a été conçu, avec une série de conférences qui visent à initier une réflexion actualisée des problématiques de la traductologie en lien avec la géopolitique et le contexte international en général.

Programme (http://calenda.org/315372?file=1)

09h15 : Accueil et ouverture du colloque

Président de séance : Mathieu GUIDÈRE (Univ. Toulouse 2)

09h30 : Traduction et idéologie : entre l’enjeu politique et le jeu rhétorique, Wided DHRAIEF (Université de Monastir, Tunisie)

10h00 : Polysémie et traduction du discours politique : étude de cas, Marwa EL SAADANY (Université Norah Bint Abdel Rahmane, Arabie saoudite)

10h30 : La traduction des textes censurés en arabe : enjeux, méthodes et stratégies, Aicha EL MAKHLOUF (Université Abdelmalek Essaadi, Tétouan, Maroc)

11h00 : Questions et discussion – Courte pause

Présidente de séance : Lynne FRANJIÉ (Univ. Grenoble 3)

11h30 : Problématiques de la traduction entre éthique et idéologie, Bandar ALHATHAL (Université du Roi Saoud, Arabie)

12h00 : Le traitement des questions politiques dans la traduction de « Cléopâtre éprise de paix », Rania AHMED (Université de Helwan, Egypte)

12h30 : Questions et discussion – Pause déjeuner

Présidente de séance : Astrid GUILLAUME (Univ. Paris 4)

14h00 : Le tout-anglais à l’épreuve d’un monde post-américain, Michaël OUSTINOFF (Université de Nice Antipolis)

14h30 : Les stratégies de traduction ou de non-traduction : étude de cas, Claire MALIGOT (Ecole Pratique des Hautes Etudes)

15h00 : Questions et discussion – Courte pause

Président de séance : James ARCHIBALD (Univ. McGill)

15h30 : Adapter l’information à un lecteur cible : médiation ou localisation de l’article ? Etude de cas, Lorenzo DEVILLA et Caroline VENAILLE (Université de Sassari, Italie)

16h00 : Géopolitique et traduction dans la Chine du XXIes. Corinne BRICMAAN (Université des Langues étrangères de Pékin, Chine)

16h30 : Questions et discussion – Synthèse

17h00 : Clôture du colloque

Posted by The Editors on 3rd Feb 2015
in Conference Diary

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